Afghanistan, la vie malgré le conflit »

18 août 2009

Ataullah Sultani, migrant refoulé d’Angleterre, rêve à nouveau d’exil

LE MONDE | 17.08.09 | 16h24

Kaboul Envoyé spécial

Il est arrivé, l’air sage et, déjà, le regard rongé par les soucis. Il a pris place sous la tonnelle coiffée de vigne qui ouvre sur le jardin ensoleillé d’une maison de Kaboul. De son cartable de plastique noir, il a retiré une liasse de documents, juridiques, administratifs, les preuves de sa mésaventure. Les feuillets sont frappés de tampons et de signatures de clercs narrant son expulsion de Grande-Bretagne.
Ataullah Sultani, 31 ans, est un refoulé d’Europe. Il fait partie de ces milliers d’Afghans qui, en dépit de la reconstruction d’un pays sous perfusion de la communauté internationale, optent chaque année pour l’exil. La controverse autour du camp de Sangatte (Pas-de-Calais) a popularisé en France le sort de ces migrants afghans se préparant à une hypothétique traversée de la Manche. Ataullah Sultani fut l’un de ces affamés de l’exode, phénomène troublant qui jette une lumière crue sur le désenchantement de la « reconstruction » de l’Afghanistan.

Dès le départ, Ataullah est mal à l’aise avec le nouveau cours qui s’amorce fin 2001. L’ère post-talibans ne lui dit rien qui vaille. Il est pachtoun et, à l’instar de beaucoup d’Afghans affiliés à ce groupe ethnique majoritaire dans l’est et le sud du pays, il avait manifesté une certaine compréhension à l’égard du mouvement des talibans, pachtouns eux aussi.

A sa manière, il avait collaboré avec le régime islamiste ultraorthodoxe, qui avait pris le pouvoir à Kaboul en 1996, en qualité d’interprète dans une administration. Son père, un homme d’affaires, commerçait sans heurts avec les maîtres du moment. « Notre famille était considérée comme proche des talibans », résume-t-il aujourd’hui.

Quand les bombes américaines pleuvent sur Kaboul, fin 2001, il se replie dans sa province natale de Laghman (est). Il n’y est pas davantage protégé car les milices antitalibans, surgies de nulle part, font alors la chasse aux collaborateurs, réels ou présumés, du régime déchu. Le père et le frère d’Ataullah sont exécutés. « Ce sera bientôt ton tour ! », lui hurle sa mère. Pour l’interprète en fuite, c’est le signal du grand départ.

Il rêve d’Angleterre, s’endette auprès de son oncle et paie 12 000 dollars (8 500 euros) un passeur censé lui ouvrir les routes de l’Ouest. Il traverse l’Iran en bus, et parfois à cheval. Puis la Turquie, où il retrouve un groupe d’Afghans, d’Irakiens et de Pakistanais avec qui il partagera le reste de l’odyssée.

Refoulé à la frontière bulgare, il bifurque par l’Italie. A Rome, il dort dans les gares, est hébergé dans des églises. Enfin, c’est la France, sillonnée en train jusqu’à Calais, le cul-de-sac des migrants en mal de Douvres. Il se glisse à deux reprises dans un container mais, découvert par les douaniers, en est arraché. La troisième tentative sera la bonne. Il se niche sous un wagon de l’Eurostar et, agrippé à la ferraille dans des conditions impossibles, traverse la Manche le dos à fleur de rails.

De 2002 à 2008, le voilà immigré à Birmingham, où il trouve un emploi dans une usine de friandises tenue par un Indien. Son statut, de précaire, devient illégal. L’administration britannique lui refuse l’asile politique au motif que « la paix est revenue en Afghanistan ».

L’expulsion est inévitable. Jeté dans un avion pour Kaboul, il retrouve un pays qu’il ne comprend plus. « Je suis devenu totalement différent des Afghans d’ici. »

La « reconstruction » ? Il en fait une douloureuse expérience. Certes, il a trouvé un emploi comme « officier de logistique » dans une entreprise de construction à Kaboul. Mais il ne supporte pas la brutalité des relations de travail. Sur les chantiers, il lui arrive d’être battu par les gardes de sécurité. Son salaire lui permet à peine de survivre dans une ville où la manne internationale et l’argent de la drogue ont fait flamber les coûts.

Sans compter que la criminalité prospère. Son oncle vient d’être enlevé par un gang. « Il n’y a pas de futur en Afghanistan », grimace-t-il. Les rêves d’exode le reprennent. « Cette fois, je vais essayer le Canada », confie-t-il en fourrant, l’air triste, ses documents dans le cartable de plastique noir.

 


Fin de la série « Afghanistan, la vie malgré le conflit »

F. B.

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2009/08/17/ataullah-sultani-migrant-refoule-d-angleterre-reve-a-nouveau-d-exil_1229178_3216.html

Afghanistan : la capitale sous le feu des attaques

18 août 2009

Afghanistan : la capitale sous le feu des attaques

LEMONDE.FR avec Reuters AFP | 18.08.09 |

A deux jours de l’élection présidentielle, Kaboul, la capitale afghane, a été frappée par une série d’attaques, mardi 18 août, qui ont tué au moins sept personnes, dont plusieurs soldats de la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF), selon des bilans établis par la police locale et les forces de l’OTAN. Aucun soldat français ne fait partie des victimes, selon une source militaire citée anonymement par l’AFP.

Un porte-parole des forces occidentales a ajouté que des soldats de l’OTAN ont également été blessés lors d’un attentat-suicide perpétré dans une des principales artères de l’est de la ville. Un porte-parole de l’ONU, a déclaré qu’un de ses véhicules avait été touché et que deux Afghans travaillant pour les Nations unies avaient été tués et un troisième blessé. En fin de matinée, l’explosion d’une voiture conduite par un kamikaze a visé « un convoi de ravitaillement des forces internationales sur la route de Bagram », principale base militaire américaine dans le pays, selon la police locale.

Peu avant, une roquette s’était abattue sur le palais présidentiel et une seconde avait touché le quartier général des forces de police de la ville. Aucun des projectiles n’a fait de victime, la première roquette ayant seulement causé des dégâts au siège fortifié de la présidence afghane. Un porte-parole des talibans a rapidement revendiqué l’ensemble de ces attaques.

« IL SERA IMPOSSIBLE DE TENIR LES ÉLECTIONS »

Ces nouveaux actes illustrent une fois de plus la volonté des insurgés islamistes de perturber coûte que coûte le scrutin qui doit se dérouler jeudi. Au cours du week-end, un porte-parole des talibans avait promis « d’accélérer les actions la veille et le jour des élections ». Des tracts avaient été distribués dans l’est et le sud du pays, demandant aux habitants de prendre les armes et menaçant ceux qui iraient voter. Samedi, les talibans avaient déjà revendiqué une attaque en plein cœur de la capitale. L’attentat à la voiture piégée devant le quartier général de la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF) avait tué sept personnes et en avait blessé plus de quatre-vingt-dix autres.

« A l’exception de quelques grandes villes et des capitales de certaines provinces, (…) il sera impossible de tenir les élections », ont assuré les talibans dans un communiqué diffusé mardi. Dans le reste du pays, d’autres incidents ont été signalés. Dans l’Est, deux soldats américains ont été tués par une bombe artisanale. Des roquettes se sont abattues sur la ville de Jalalabad. Dans la province de Jowjzan, Abdul Rahim, un candidat pour les élections provinciales qui se tiennent également jeudi, a été assassiné par balle. La police locale parle d’une embuscade tendue par les talibans. Enfin dans la province de l’Oruzgan, un des bastions des talibans, trois soldats et deux civils ont été tués lors d’un attentat-suicide.

Préoccupées par la montée de violence qui précède la deuxième élection présidentielle de l’histoire du pays, les Nations unies ont reconnu qu’elle a déjà considérablement bousculé les préparatifs électoraux et limité la campagne. La crainte de la communauté internationale est de voir une faible participation de l’électorat, et donc un scrutin sans véritable crédit.

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2009/08/18/afghanistan-le-palais-presidentiel-attaque-a-la-roquette_1229418_3216.html#ens_id=1228393

La moitié de l’Afghanistan sous la menace des taliban

5 août 2009

Reuters 05.08.09 | 17h40 

La moitié de l'Afghanistan sous la menace des taliban dans Au jour le jour



Près de la moitié de l’Afghanistan vit sous la menace d’attaques islamistes et certains secteurs sont sous le contrôle de l’ennemi, selon une carte confidentielle dressée par le gouvernement de Kaboul et dont Reuters a obtenu mercredi une copie.

A deux semaines des élections présidentielle et provinciales, près de huit ans après l’intervention internationale pour chasser les taliban, ce document montre que 133 des 356 districts du pays sont jugés zones à haut risque et que treize sont considérés comme étant aux mains des insurgés.

Cette carte, frappée des tampons du ministère afghan de l’Intérieur, de l’armée afghane et du département des Nations unies chargé de la sécurité, porte la date du 23 avril 2009, avant même que les insurgés n’intensifient leurs opérations à l’approche des élections du 20 août.

Le ministère afghan de l’Intérieur, malgré plusieurs coups de téléphone et courriels, n’a pas commenté ces informations.

Pratiquement tout le sud du pays, selon la carte, est sous la menace extrême d’attaques islamistes, de la province de Farah, dans l’Ouest, jusqu’à celles de Paktia et de Nangarhar, près du Pakistan, en passant par celle d’Helmand, dans le Sud.

Le porte-parole du ministère afghan de la Défense, le général Zaher Azimy, a toutefois tenu à assurer mercredi que les forces afghanes et la Force internationale d’assistance à la sécurité (Isaf) étaient « prêtes à assurer la tenue des élections » dans de bonnes conditions.

PERTURBER LES ELECTIONS Les Nations unies ont confirmé l’authenticité de cette carte, précisant qu’il s’agissait d’un document établi par les autorités afghanes. « Ce n’est certainement pas à nous de nous exprimer publiquement à ce sujet », a dit Aleem Siddique, porte-parole de l’Onu à Kaboul.

En décembre, un institut international, le Conseil international sur la sécurité et le développement (Icos), plus connu sous le nom de Conseil de Senlis, affirmait que les taliban étaient en permanence présents sur 72% du territoire afghan. L’Icos définissait une « présence permanente » par la capacité pour les insurgés de mener au moins une attaque ou plus par semaine en moyenne sur l’ensemble d’une année. Ce rapport avait été contesté par l’Otan et le gouvernement afghan.

Les taliban ont juré de perturber l’organisation du scrutin et ont appelé la population à le boycotter. Mardi, ils ont tiré au moins neuf roquettes sur Kaboul, blessant un enfant, ont annoncé la police et des témoins. Cela faisait plusieurs années que la capitale afghane n’avait pas été visée par une attaque d’une telle ampleur. Les combattants islamistes ont intensifié leurs opérations à l’approche des élections mais la capitale avait été relativement épargnée ces derniers mois, les attaques se concentrant essentiellement dans l’est et le sud du pays. Lors d’une conférence de presse organisée conjointement à Kaboul avec le président Hamid Karzaï, le nouveau secrétaire général de l’Otan, le Danois Anders Fogh Rasmussen, a invité les Afghans à rejeter les menaces des taliban et à voter massivement le 20 août.

« Il est important pour le peuple afghan de ne pas céder aux menaces et aux violences », a-t-il dit.

Afghanistan en anglais et en français

1 août 2009

 

« Newsweek », 24 juillet 2009

OF BALLOTS AND BURQAS

The Afghan vote brings bloodshed

by Anna Husarska

Three subjects dominate the news from Afghanistan these days: the Anglo-American offensive in Helmand province, the election planned for Aug. 20, and the constant attacks on schools. The three issues may seem unrelated. In fact, they’re directly connected.

Start with the link between the election and the military offensive. Trying to secure the country ahead of next month’s ballot is, according to British and American politicians, one of the main reasons the Coalition has stepped up its efforts in recent weeks. Already the push has resulted in more casualties—but this was bound to happen around the election anyway, even without a new Coalition assault. Whether the operation is actually working is much less clear. So far, the insurgents have not put up much of a fight, often melting back into the civilian population or slipping away to the hitherto relatively peaceful north and west when the Coalition strikes.

The connection be-tween the Helmand offensive and the attacks on schools is also clear. The insurgents are doing what guerrillas tend to do when confronted by overwhelming firepower: use whatever tools are available (in this case, improvised explosive devices), attack easy targets, and hit where it hurts most—by killing the innocent.

As for the link between the school attacks and the upcoming election, this might seem less obvious, but the connection is just as direct. To understand it, you must first recognize that Afghanistan is not a simple postconflict situation; it is a country at war. On one side are the Afghan government and the Coalition forces. On the other are the insurgents. Caught in the middle are the Afghan civilians.

The security situation today is deteriorating: when I visited Afghanistan recently after a year away, the signs were everywhere, in the extra barriers and checkpoints and the shrinking space for humanitarian organizations to operate. According to one security expert in Kabul, until a few years ago Afghanistan was a stable country with pockets of instability. Now it is an unstable country with pockets of stability. Even the Afghan Interior Ministry concedes as much: the color-coded maps it uses for briefings with foreign journalists show that broad Swaths of the country—including Helmand, Kandahar, Nimroz, and Uruz-gan provinces—are now firmly, partly, or intermittently under the control of the government’s enemies (not all of whom are hard-core insurgents; some are freelancers).

These armed opposition groups view all state employees, their offices, administrative build\-\ings, health centers, and schools as symbols of the hated regime and of the invader—and hence as legitimate targets. Elections are anathema to the guerrillas; a taliban spokesman made this plain when he said in June that « we will double our efforts to sabotage the elections anywhere in the country. » My Afghan colleagues at the International Rescue Committee report that insurgents now regularly leave « night letters » in public places warning communities of dire consequences if they dare take part in the upcoming vote.

All of which highlights the irresponsibility of the Afghan election commission’s plans to set up polling stations in schools and health centers, especially in Afghanistan’s unstable east and south. Earlier this year, international and nongovernmental organizations cautioned that bringing ballots into clinics would endanger patients and health workers by exposing them to attack. Insurgents have already destroyed two health centers, in Kunar and Kandahar, that were being used for voter registration. In May, the Afghan government dropped its plan to use health centers as polling stations. But no such decision has been made—yet—about schools.

This means that the insurgents, who have already thrown acid in schoolgirls’ faces, attacked others with poison, and repeatedly threatened educational institutions with violence, will have one additional reason to target schools. That could be avoided in the most volatile parts of the country by putting polling stations in banks or courthouses instead, or in tents, as was done in Bosnia.

A humbling postscript: during my recent visit, I went to the Bibi Aisha High School in the eastern town of Jalalabad. It has 4,900 pupils, all female. We did not discuss military offensives or the election; instead, I asked them what they wanted to do after graduation. Half of them said they aspired to be teachers. I was elated by such a defiant response; these young women are bound to bring positive change and some gender equality to Afghanistan, despite the insurgents’ best efforts. Yet when school was over and the girls got up to leave, I was stunned to see every single one of them reach under her desk for a blue burqa. It was a potent reminder of the way things still work in Afghanistan.

http://www.newsweek.com/id/208447

nouvelobs.com 28 juillet 2009

Dans « Newsweek » : « Des élections et des burqas »

Les insurgés multiplient les attaques alors que la coalition intensifie ses efforts pour sécuriser l’Afghanistan à l’approche des élections du 20 août

par Anna Husarska (traduction de David Korn)

Ces jours-ci, dans l’actualité afghane, trois sujets dominent : l’offensive anglo-américaine dans la province du Helmand, les élections prévues pour le 20 août, et les attaques à répétition contre les écoles. Trois questions qui semblent indépendantes les unes des autres. En fait, elles sont directement interconnectées.

A commencer par le lien entre les élections et l’offensive militaire. Sécuriser le pays avant le scrutin du mois prochain constitue, selon les politiciens britanniques et américains, l’une des principales raisons pour laquelle la coalition intensifie ses efforts depuis quelques semaines. Déjà, cette montée en régime s’est traduite en un nombre de victimes plus grand — mais c’était de toute façon à prévoir à l’approche des élections, nouvel assaut de la Coalition ou pas. Que l’opération soit productive, en revanche, reste à vérifier. Pour l’instant, les insurgés n’ont pas opposé une grande résistance, choisissant souvent de se fondre dans la population civile, ou se défilant lors des frappes de la coalition vers les régions nord et ouest, jusqu’ici relativement paisible.

La connexion entre l’offensive du Helmand et les attaques sur les écoles est tout aussi évidente. Les insurgés font ce que font les guérillas lorsqu’elles sont confrontées à une puissance de feu écrasante : utiliser tous les moyens à sa disposition (dans le cas présent, des engins explosifs improvisés), attaquer des cibles faciles, et toucher là où ça fait mal — en tuant des innocents.

Quant au lien entre les attaques d’écoles et les élections à venir, il est peut-être moins évident, mais la connexion est presqu’aussi directe. Pour la comprendre, il faut d’abord savoir que l’Afghanistan, ce n’est pas simplement un cas de pays en phase post-conflictuelle : c’est un pays en guerre. Dans un camp, le gouvernement afghan et les forces de la Coalition. Dans l’autre, les insurgés. Au milieu, les civils afghans.

Du point de vue de la sécurité, la situation se détériore de jour en jour : de retour en Afghanistan récemment après un an, je pouvais voir partout les signes en attestant, que ce soient les barrages et les check-points supplémentaires ou les marges de manœuvres de plus en plus réduites accordées aux organisations humanitaires. Selon un expert en sécurité de Kaboul, jusqu’à une époque récente, voici quelques années, l’Afghanistan était un pays stable avec des poches d’instabilité. Aujourd’hui, c’est un pays instable avec des poches de stabilité. Le ministre de l’Intérieur afghan lui-même le concède : les cartes colorées qu’il utilise lors des briefings avec la presse étrangère démontrent que des portions importantes du pays — dont les provinces du Helmand, Kandahar, Nimroz et Uruz-gan — sont aujourd’hui sous contrôle total, partiel, ou intermittent des ennemis du gouvernement (qui ne sont pas tous des insurgés résolus — certains opèrent pour leur compte).

Ces groupes d’opposants armés considèrent tous les agents de l’Etat, leurs bureaux, immeubles administratifs, centres de soins et écoles, comme symboles d’un régime haï et des envahisseurs qui les accompagnent — et donc comme cibles légitimes. Pour la guérilla, les élections sont anathèmes, comme l’a confirmé un porte-parole des taliban, qui déclarait en juin dernier qu’ils allaient « redoubler d’efforts pour saboter les élections partout dans le pays ». Mes collègues afghans de l’organisation International Rescue Committee rapportent que les insurgés laissent régulièrement des « messages nocturnes » dans les lieux publics, menaçant les populations de sévères répercussions au cas où elles oseraient participer au scrutin à venir.

Ceci souligne le caractère irresponsable de la commission électorale afghane, qui prévoyait d’installer les bureaux de votes dans les écoles et les centres de soins, tout particulièrement dans les zones instables de l’est et du sud de l’Afghanistan. Plus tôt cette année, organisations internationales et non gouvernementales attiraient l’attention sur le danger que représentait pour les patients et les personnels de santé l’organisation du scrutin dans les hôpitaux, les exposant aux attaques des insurgés. Ceux-ci ont déjà détruit deux centres de soins, à Kunar et Kandahar, qui servaient à l’inscription des électeurs. En mai, le gouvernement afghan a abandonné son projet d’utiliser les centres de soin comme bureaux de votes. Mais aucune décision équivalente n’a été prise — à ce jour — en ce qui concerne les écoles.
Ceci signifie que les insurgés, qui par le passé ont déjà lancé de l’acide au visage d’écolières, en ont agressé d’autres au poison, et à plusieurs reprises ont menacé de violences diverses institutions scolaires, auront une nouvelle raison de s’attaquer aux écoles. Ceci pourrait être évité, dans les régions les plus instables du pays, en installant les bureaux de votes dans les banques ou les tribunaux, ou dans des tentes, comme ce fut fait en Bosnie.

Post-scriptum en guise de leçon d’humilité : lors de ma récente visite dans le pays, je me suis rendue au lycée Bibi Aisha de la ville orientale de Jalalabad, qui compte 4 900 élèves, toutes des filles. Nous n’avons pas discuté offensives militaires ou élection. Je leur ai demandé ce qu’elles voulaient faire une fois diplômées. La moitié m’a indiqué vouloir être enseignante. Cette réponse, en forme de défi, m’a transportée. Ces jeunes femmes vont apporter un changement positif et un peu d’égalité des sexes en Afghanistan, en dépit des efforts acharnés des insurgés. Et pourtant, à la fin des cours, alors que les filles se levaient pour partir, je fus sidérée de voir chacune d’entre elle aller chercher sous son bureau une burqa bleue. Un puissant rappel de la façon dont les choses se passent encore en Afghanistan.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/ /international/20090728.OBS5728/dans_newsweek__des_elections_ _et_des_burqas.html

Huit attentats en quatre jours ont fait 170 victimes, notamment parmi les chiites

26 juin 2009

Huit attentats en quatre jours ont fait 170 victimes, notamment parmi les chiites

« le Monde » (France), 26 juin 2009

NOUVELLE VAGUE D’ATTENTATS CONTRE LES CHIITES EN IRAK

par Patrice Claude à Bagdad

Moins d’une semaine avant le retrait prévu des troupes américaines hors des agglomérations irakiennes le 30 juin, une nouvelle vague d’attentats antichiites s’abat sur le pays. Au moins 72 personnes, dont de nombreuses femmes et enfants, ont été tuées, mercredi soir 24 juin vers 19 heures, dans l’explosion d’un rickshaw – tricycle à moteur – bourré de dynamite.

Parqué sur un marché de Sadr City, l’immense faubourg chiite de Bagdad, à l’heure où, compte tenu de la chaleur qui écrase le pays dans la journée (46 °C à l’ombre, mercredi), toutes les familles sortent faire leurs courses, le véhicule à remorque bourrée d’explosifs dissimulés sous des légumes, a également mutilé dans la déflagration et les éclats d’acier près de 130 autres personnes.

C’est le huitième attentat visant délibérément des zones d’habitat chiite comptabilisé en quatre jours. Depuis l’explosion d’un camion piégé qui a détruit 80 maisons et tué 73 civils, le 20 juin, sur le marché central de Taza, une petite ville turkmène chiite située près de Kirkouk, ce sont près de 170 personnes qui ont perdu la vie.

Aucune revendication de ces attaques n’a été communiquée mais, chaque fois, les autorités les ont attribués sans plus de précision aux « derniers fanatiques d’Al-Qaida », qui seraient encore en activité.

En réalité, dans l’atmosphère de sombres complots politiques qui sévit en Irak avant les élections générales de janvier 2010, nul n’a une idée très précise de l’identité des coupables. Plusieurs groupes rebelles sunnites nationalistes qui n’ont pas encore déposé les armes, comme l’Armée islamique ou l’Armée des moudjahidin, ont fait savoir récemment qu’ils ciblaient « exclusivement les forces d’occupation étrangère ». Sauf que ces forces subissent comparativement peu d’attaques et que, conformément à l’accord de désengagement signé en novembre 2008 entre Bagdad et Washington, elles doivent en principe se retirer de toutes les agglomérations d’ici au 30 juin.

Depuis le début du mois, les soldats américains ont ainsi évacué les quatre bases militaires qu’ils occupaient dans et autour de Sadr City. Le commandant Brent Dixon, de la 1re brigade de la 1re division de cavalerie, confiait le 20 juin à l’Agence France-Presse combien le faubourg, qui abrite 1,5 million d’habitants, souvent très pauvres, était devenu plus sûr. « Nous n’avons perdu aucun homme depuis mars et le nombre d’attaques à la bombe artisanale est très faible », disait-il.

Globalement, la sécurité s’est nettement améliorée en Irak avec autour de 1 800 tués depuis le début de l’année, c’est-à-dire trois fois moins que pour la période correspondante de 2008. L’idée des poseurs de bombe est évidemment de renverser cette tendance.

En ciblant la majorité chiite qui domine le pouvoir pour la première fois dans l’histoire de l’Irak, ils poursuivent vraisemblablement trois objectifs. D’abord provoquer le réarmement des milices chiites que le gouvernement a eu beaucoup de peine à réduire en 2008. Réenclencher, si possible, la guerre civile qui a sévi entre chiites et sunnites en 2006 et 2007 avec une moyenne de 2 000 morts par mois. Entraver ainsi le retrait américain ordonné par Barack Obama, en démontrant par le sang que les forces irakiennes n’ont pas, seules, la capacité de maintenir l’ordre. Compromettre enfin la reconstruction de l’Etat, entreprise avec un certain succès par le premier ministre, Nouri Al-Maliki, et empêcher ainsi son éventuelle reconduction aux affaires lors des élections de janvier.

Mercredi, Washington a toutefois assuré que cet accès de violences ne remet pas en cause sa politique de désengagement militaire du pays.

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2009/06/25/nouvelle-vague-d-attentats-contre-les-chiites
-en-irak_1211303_3218.html#ens_id=1144734

A Kaboul, le temps de l’insouciance est terminé

26 juin 2009

A Kaboul, le temps de l’insouciance est terminé

le Monde du 27 juin 2009

Kaboul Envoyé spécial




Ce n’est pas une ville en guerre, mais c’est une ville en armes. Kaboul se replie sur elle-même, ses checkpoints, ses palissades, ses barbelés.

Il est difficile de dire que la capitale afghane a peur, car trente années de guerre et de fatalisme ont offert aux Afghans une relation étrange, tout en nuances et en distance, avec la peur. Mais Kaboul sait que son destin peut basculer de nouveau. Depuis trois ans, c’est la guerre en province, et, à Kaboul, le temps de l’insouciance est fini.

Le sentiment général est qu’il est trop tard pour que Kaboul ait le choix.  » On ne trouvera jamais les mots pour dire à quel point une occasion historique a été gâchée après 2001 «  et la chute des talibans, pense Ehsan. Il rêvait d’être chanteur, et conduit un taxi pour survivre.

Après le 11-Septembre et la victoire des moudjahidines sur les talibans, avec l’aide des bombardiers et forces spéciales américaines, et la bénédiction de la communauté internationale pour une fois unanime, les Afghans cultivaient un fol espoir : que le cycle de guerres entamé avec l’invasion soviétique de 1979 était, peut-être, terminé.

Ce fut pour vite déchanter. Trois, quatre années d’espoir, puis ce fut la désillusion. Les armées de l’OTAN, venues après la défaite des talibans alors qu’il n’y avait plus d’ennemis à combattre, ont donné aux Afghans le sentiment qu’ils étaient occupés. La création de la prison de Guantanamo par les Etats-Unis, l’usage de la torture, le règne de l’arbitraire ont incité la population à croire en une guerre contre les musulmans et l’islam. La prise de contrôle, par les alliés afghans de Washington, du trafic d’opium, du business et des milliards de dollars arrivés de l’étranger a renforcé le sentiment d’injustice. Et pourquoi aller faire la guerre dans le lointain Irak plutôt que de traquer Al-Qaida là où l’organisation djihadiste reconstituait ses forces, au Pakistan ?, se demandent les Afghans, qui tiennent le voisin pakistanais pour responsable de tant de leurs maux.

Il y a aussi les bons côtés de l’après-2001. De la célèbre Chicken Street aux faubourgs les plus éloignés des regards, Kaboul a retrouvé le goût du commerce.  » N’oublions pas que le communisme, la guerre civile entre moudjahidines puis le règne taliban furent des périodes de misère, dit Mohammad, un vieux vendeur de tapis. Ces dernières années furent, en dépit des soucis, une époque plutôt prospère. « 

Un symbole de cette prospérité est la folie de la téléphonie mobile qui s’est emparée de l’Afghanistan. Les initiateurs ont gagné des milliards, les utilisateurs sont ravis, munis d’un à trois téléphones afin d’être certains de toujours capter un des réseaux concurrents, et la ville est couverte d’affiches vantant les offres de Roshan ou AWCC. Et d’autres fortunes ont été faites, dans la construction ou récemment dans la  » sécurité « . Derrière ce mot se cachent le retour de la guerre, de l’insécurité, et son cortège de contrats de protection qui enrichissent mercenaires étrangers et afghans.

Kaboul sent que son destin peut basculer, car les Afghans sont persuadés que tout ceci n’est qu’une façade, que derrière les avancées économiques, ou dans les domaines hospitalier et scolaire, se livrent les véritables luttes. Les talibans sont de retour depuis trois ans dans le sud et l’est du pays, Al-Qaida n’a pas désarmé, le Pakistan est toujours vu comme un ennemi, l’Iran comme un agent déstabilisateur, et il y a fort longtemps que les Occidentaux ne sont plus perçus comme des amis. Kaboul craint d’être au centre des guerres de demain.

 » Demain, en Afghanistan, ça peut être littéralement demain matin. On vit au jour le jour. Rien n’indique que nous n’allons pas nous réveiller un jour avec des talibans dans la ville « , pense un chercheur afghan qui, parce qu’il travaille comme consultant pour le gouvernement, souhaite garder l’anonymat.  » Evidemment, à cause de l’armée américaine et de l’OTAN, les talibans ne peuvent pas conquérir les villes. Mais ils peuvent y entrer. Sans les armées étrangères, s’il ne fallait compter que sur le gouvernement Karzaï, cela fait longtemps que ce serait réglé… « 

Une vision sombre qui n’est pas partagée par tous.  » Les talibans ne peuvent pas gagner la guerre, pense Shahir Zahine, le directeur du magazine et de la radio Killid. Ils n’ont rien à offrir que la violence et la misère, et ils mobilisent peu. Ils peuvent envoyer quinze kamikazes à l’assaut de bases américaines, mais dans les années 1990, ils attaquaient avec 5 000 hommes. Où sont-ils aujourd’hui ? Parmi ces talibans, il y a peu de vrais Afghans, ce sont des types qui ont grandi au Pakistan et qui connaissent mal le pays. « 

Shahir Zahine croit que les Afghans, désillusionnés et amers, n’ont pas dit leur dernier mot.  » Le facteur déterminant sera le jour où la population penchera dans un camp ou dans l’autre. En dépit des erreurs du gouvernement Karzaï et de la communauté internationale, les Afghans ne pèsent pas de tout leur poids contre eux. «  Il est persuadé que  » si les soldats afghans étaient payés 500 dollars par mois, il y aurait beaucoup de volontaires pour aller combattre «  et que  » les armées étrangères pourraient rester dans leurs bases « .

Un autre journaliste, Faheem Dashty, directeur de Kabul Weekly, est alarmiste. Comme le répétait son maître à penser, Ahmed Shah Massoud, qui fut tué sous ses yeux tandis que lui-même fut blessé par la bombe des assassins d’Al-Qaida qui assassinèrent le chef de guerre tadjik, il craint que  » l’avenir de l’humanité soit extrêmement sombre «  si les talibans parviennent au pouvoir, en Afghanistan ou au Pakistan.  » Pour nous, Afghans, qui avons eu deux millions de morts en trente ans, ça ne changera pas grand-chose. Mais si l’Amérique perd cette guerre, ce sera, comme pour l’URSS il y a vingt ans, l’agonie de l’Occident. Les talibans et Al-Qaida n’ont jamais été aussi proches de l’arme nucléaire pakistanaise. Que croyez-vous que mollah Omar ou Oussama Ben Laden ferait avec une bombe nucléaire ? La planète est en danger. « 

Certains, à Kaboul, vivent encore dans l’insouciance.  » Il est difficile d’imaginer la guerre d’ici… « , avoue un expatrié attablé devant une vodka-tonic, dans l’un des rares endroits de Kaboul où on sert de l’alcool. Sa société vient de signer un important contrat, pour lui, tout va bien. Un autre étranger, fin connaisseur de l’Afghanistan, croit que  » tout dépendra de ce que les Afghans décideront : si un jour la population soutient les talibans et décide de nous jeter dehors, ce sera la ruée vers les avions et les hélicoptères. Un étranger, ici, doit être un invité. S’il décide lui-même de rester, il n’est plus un invité. Alors… « 

Le mot qui revient le plus souvent chez les Afghans est  » justice « .  » Nous sommes d’accord pour que les talibans ne reviennent pas au pouvoir, mais où est la justice ?, clame Abdullah, un étudiant. Guantanamo, Bagram, les prisons, c’est la justice ? Les raids aériens qui tuent les civils, c’est la justice ? Notre gouvernement corrompu, le trafic d’opium, c’est la justice ? « 

Kaboul se replie sur elle-même, et les Afghans, comme souvent au cours de leur histoire tumultueuse, attendent de savoir dans quel sens le vent va tourner. Ces trois dernières années les ont incités à ne pas exclure une percée talibane.

Un partisan de feu le commandant Massoud est lui aussi effondré.  » Le rêve de 2001 a été brisé, témoigne Sultan. C’est la confusion la plus totale. Même dans notre vallée du Panshir, les gamins applaudissent lorsqu’ils voient un blindé américain exploser à la télévision. C’est le résultat de l’occupation étrangère : même s’ils savent que ces talibans pachtounes n’augurent rien de bon pour nous, Panshiris, les jeunes saluent en eux l’esprit de résistance.  » Sultan réfléchit.  » Cela dit, nous ne tolérerons pas le retour des talibans. Si un jour Washington négociait avec eux, alors nous, moudjahidines, qui avons ouvert les portes de l’Afghanistan aux Américains, prendrions les armes contre eux. « 

L’Afghanistan n’en est pas là. Mais pour qu’un vieux moudjahid imagine, lorsqu’il broie du noir, un tel retournement de situation, c’est qu’il prend la menace talibane au sérieux. Comme tout le monde, il attend de voir.  » Si les talebs atteignent les villes, conclut-il, ce sera l’heure de vérité. Les Afghans devront choisir leur camp. « 

Rémy Ourdan

L’Aghanistan, une situation de moins en moins maîtrisée….

26 juin 2009

« le Monde » (France), 24 juin 2009

LE NOUVEAU CHEF AMéRICAIN DES FORCES ARMéES INTERNATIONALES JUGE « GRAVE » LA SITUATION EN AFGHANISTAN

La situation en Afghanistan est « grave », avec une flambée des violences et des rebelles qui ont constitué des réseaux de gouvernance parallèles, admet dans un entretien à l’AFP le nouveau commandant des forces militaires internationales, le général américain Stanley McChrystal.

Une semaine après sa prise de fonctions, le général, chargé d’établir une nouvelle stratégie dans le pays, s’attend à une « rude » année face à une insurrection islamiste dont les violences atteignent des records absolus depuis la chute des talibans à la fin 2001. « La situation sécuritaire est grave, (…) il y a des zones où les insurgés talibans ont réussi à infiltrer les structures de gouvernance », explique-t-il. « Ils peuvent ainsi (…) intimider la population, limiter l’influence du gouvernement et modifier le tissu social. »

Cette infiltration est « le plus grand danger » pour l’Afghanistan, car il empêche le gouvernement de Kaboul, soutenu par les troupes internationales, d’établir son autorité et développer l’économie, clés de la lutte contre l’insurrection qui fleurit, selon lui, sur la misère et l’anarchie. « Il y a des zones dans ce pays où ce phénomène est très sérieux », assure le général, tempérant néanmoins : « Je ne pense pas que ce soit irréversible. »

Le principal champ de bataille reste le Sud afghan, notamment les provinces du Helmand et de Kandahar, grandes cultivatrices de pavot à opium, où sont apparus les talibans dans le chaos de la guerre civile des années 1990. Mais l’instabilité touche désormais des provinces du Nord comme Kunduz et Badghis, faisant craindre au général McChrystal « un retournement de la tendance sécuritaire » sur lequel il est « très important de se concentrer ».

L’Afghanistan compte 26 à 30 millions d’habitants pour seulement 169 500 policiers et soldats appuyés par 90 000 soldats étrangers, majoritairement américains. Dans l’autre guerre américaine, l’Irak, avec une population similaire, aligne 615 000 hommes dans ses forces de sécurité, appuyées par 133 000 soldats américains. C’est justement à cause de l’Irak que les Etats-Unis ne pouvaient jusqu’ici dégager de troupes plus tôt pour l’Afghanistan, souligne-t-il. Les nouveaux renforts (21 000 hommes) qui arrivent sur le théâtre afghan permettront « d’aller dans certains endroits et d’y conserver une présence », sans avoir à en repartir par manque d’effectifs.

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2009/06/24/le-nouveau-chef-americain-des-forces-armees-
internationales-juge-grave-la-situation-en-afghanistan_1210613_3216.html#ens_id=1191850

AP, 25 juin 2009

KARZAï ESTIME QUE LES éLECTIONS NE POURRONT PAS AVOIR LIEU PARTOUT EN AFGHANISTAN

Le président afghan Hamid Karzaï a prévenu jeudi qu’ »il y a certains districts où les habitants ne pourront pas aller voter » lors des élections prévues en août, et s’est réjoui du « changement de politique du président Obama en Afghanistan et dans sa guerre contre le terrorisme ».

« La sécurité n’est pas suffisante à travers le pays, et il y a certains districts d’Afghanistan où les habitants ne pourront pas aller voter », a-t-il expliqué dans un entretien réalisé à Kaboul pour France Info.

Quelque 15,6 millions d’Afghans sont inscrits sur les listes électorales en vue des scrutins législatif et présidentiel du 20 août prochain, selon l’OTAN.

« Nous faisons de notre mieux pour améliorer cette situation car plus la participation sera grande, et plus les résultats de cette élection seront légitimes », a-t-il noté.

« Et la France a un rôle particulièrement important en tant que pays qui se bat pour la liberté, notamment vis-à-vis de la communauté internationale pour s’assurer de sa présence en Afghanistan pendant ces élections ».

« C’est cela qui permettra d’assurer l’indépendance et la transparence de ce scrutin », a martelé le président afghan.

Interrogé sur une possible collaboration avec les talibans, Hamid Karzaï a avancé que « la guerre et le terrorisme ne peuvent pas être combattus par des moyens militaires uniquement ».

« Il y a des milliers et des milliers d’Afghans qui ont été forcés de prendre les armes contre leur propre pays à cause des violences contre leur famille », a-t-il observé. « Nous devrions faire notre mieux pour faire revenir ces Afghans qui ne sont pas contre nous d’un point de vue idéologique, qui acceptent notre constitution afghane, qui ne font pas partie d’Al-Qaïda ou d’autre réseau terrorisme ».

Selon M. Karzaï, « la guerre contre le terrorisme n’a pas été pensée correctement. Le gouvernement afghan avait une vision très claire que nous avons exposée à nos partenaires, mais malheureusement, ils ne n’ont pas écoutés ».

« Nous leur avons dit, depuis le tout début, que la guerre contre le terrorisme ne se jouait pas en Afghanistan mais dans les sanctuaires, les centres d’entraînement, et parmi ceux qui financent de l’extérieur du pays et non à l’intérieur de l’Afghanistan », a-t-il souligné. Mais « tout cela a été ignoré pendant six ans ».

« Je me réjouis de voir un changement dans la politique du président Obama en Afghanistan et dans sa guerre contre le terrorisme », a ajouté Hamid Karzaï. « C’est ce que nous soutenons et encourageons, mais nous regrettons que cela n’ait pas été fait avant car c’est le peuple afghan qui en a subi les conséquences ».

http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/international/asiepacifique/20090625.FAP0514/karzai_estime_q
ue_les_elections_ne_pourront_pas_avoir_l.html

International Crisis Group, 24 juin 2009

DES éLECTIONS PRéSIDENTIELLES ET PROVINCIALES DANS UNE SITUATION DéTéRIORéE (RAPPORT)

AFGHANISTAN’S ELECTION CHALLENGES (REPORT)

Full Report/Rapport intégral : http://www.crisisgroup.org/library/documents/asia/south_asia a/171_Afghanistan_s_election_challenges.pdf

Afghanis stan’s forthcoming elections, with presidential and provincial council polls on 20 August 2009, and National Assembly and district elections scheduled for 2010, present a formidable challenge if they are to produce widely accepted and credible results. The weakness of state institutions, the deteriorating security situation and the fractured political scene are all highlighted by – and will likely have a dramatic effect on – the electoral process. The years since the last poll saw the Afghan government and international community fail to embed a robust electoral framework and drive democratisation at all levels. This has made holding truly meaningful elections much more difficult. Rather than once again running the polls merely as distinct events, the enormous resources and attention focused on the elections should be channelled into strengthening political and electoral institutions, as a key part of the state-building efforts required to produce a stable country.

The first round of post-taliban elections in 2004 and 2005 were joint United Nations-Afghan efforts. This time they will be conducted under the sole stewardship of the Afghan Independent Election Commission (IEC) with the UN acting only in support. Preparations face a series of intertwined challenges:

*
Technical. The momentum of the last elections was lost in 2006-2007. The Afghan government, UN and donors failed to use the interim period to build the capacity and resources of the IEC; strengthen the legal framework including replacing the inappropriate Single Non-Transferable Vote (SNTV) system; and produce a sustainable voter registry. Further, failure and delays in wider institutional processes such as disarmament programs and judicial and police reform have increased popular disillusionment and thus reduced buy-in for the state-building agenda, including potentially election participation.
*
Political. The presidential elections in particular expose a highly centralised political patronage system in which the head of state wields enormous powers, bringing personalities rather than policies to the fore. The poor relationship between the branches of the state sees the new legislature ignored or overruled and its effectiveness greatly reduced by the absence of a formal role for political parties. The lack of an accepted constitutional arbiter in case of dispute means that even simple technical electoral processes have become highly charged political contests.
*
Security. The insurgency, centred in the south and east of the country, may affect the ability of people in such areas to freely exercise their franchise and makes scrutiny of the process much more difficult, increasing opportunities for fraud. This may have wider implications for overall legitimacy given that the violence is centred in areas dominated by one ethnic group, the Pashtuns. The failings of disarmament programs due to lack of political will also increases the chances of intimidation across the country. The continued low quality of police makes providing security for elections challenging.

Proceeding with the polls is however widely recognised to be the least bad option. There are 41 candidates running in the presidential poll – most prominent in challenging Hamid Karzai are former foreign minister and leading Northern Alliance personality Abdullah Abdullah and former World Bank official and finance minister Ashraf Ghani Ahmadzai. The large number of candidates – about 3,300 (10 per cent of them women) – for the provincial councils provides ample evidence of continued interest in the process. The challenge now is to ensure credible and widely accepted results that promote stability.

Participation is likely to be uneven with a drop in candidates in areas of the insurgency-hit south in particular, a stark reminder of the effect of violence. Expectations must not be inflated, but on the other hand the bar must not simply be lowered if there is to be faith in the result. The voter registration update, while adding some momentum to the process, failed to address striking flaws in the voter registry which could lay the groundwork for fraud and which the international community has not spoken up about. Much greater political will than in 2005 is needed in tackling powerful players who flout the rules. Ultimately what will matter in judging the success of the elections is the perception of the Afghan public.

In the short time remaining before the 2009 polls, the focus must be on strengthening security provision and the impartiality, integrity and professionalism of electoral staff – the front line against fraud. The lessons learned must be used to ensure a much strengthened process in 2010. The expense of the current exercise is unsustainable and highlights the failure after the 2005 polls to build Afghan institutions and create a more realistic electoral framework. There must also be well-sequenced post-election planning including ongoing training and oversight and sufficient funds to retain the thousands of new police recruited to help secure the polls.

More broadly there needs to be a focus on building consensus on how the Afghan political system can be made more functional and representative, ending the current over-reliance on a largely unaccountable executive that has encouraged an ever-growing culture of impunity. Weakness in institutional development has only fuelled wider instability through exclusion and a lack of government services. There must be broad agreement, even within the bounds of the current constitution, on a balance of power among the branches of the state and between the central and local government; on identifying which body is the ultimate constitutional arbiter; and ensuring a more appropriate role for political parties. Embedding democratic norms and building institutions will better ensure that the Afghan state is representative, sustainable and ultimately stable.

RECOMMENDATIONS

To the Independent Election Commission (IEC):

1. Ensure a robust, credible process by:

(a) rigorous training of election day staff particularly on new counting procedures;

(b) enforcing multi-layered checks on the results during their transport including the provision for observers to travel with the results forms and ballots;

(c) extra auditing of results from random polling booths in areas of reported high female turnout as a check on fraud given unusual registration numbers, as well as on returns from areas where little observation is possible because of insecurity;

(d) scrutinising campaign finance reports of all presidential candidates and random successful provincial council candidates; and

(e) requiring all candidates in 2010 to submit their tax returns.

2. Combat allegations of partisanship by:

(a) the chairman and other electoral staff refraining from public statements except on technical issues; and

(b) early and robust action in case of wrongdoing or partisanship by members of staff.

3. Ensure preparations for the 2010 elections are strengthened and community understanding of the process enhanced by holding public workshops in partnership with local civil society organisations on lessons from the 2009 polls.

To the Elections Complaints Commission (ECC):

4. Create a more open complaints process by conducting a high-profile public awareness campaign and carrying out training for civil society organisations to aid understanding of the grounds for submissions and the required standards of proof.

To the Government of Afghanistan:

5. Foster the confidence of voters and candidates through:

(a) ensuring firm, immediate action against government and security officials seen to be interfering with the process or intimidating electoral workers, candidates or voters;

(b) demonstrating compliance with accountable and transparent appointments mechanisms; and

(c) guaranteeing the independence of Radio Television Afghanistan and fostering its role as a public service broadcaster.

6. Strengthen the 2010 election process by:

(a) building trust in the IEC by putting all commissioners to a vote in the Wolesi Jirga;

(b) strengthening the quality of data on illegal armed groups to ensure robust but fair vetting;

(c) driving district delineation required for planned district elections; and

(d) building in specific budgetary allocations for this and future election cycles.

7. Ensure a more sustainable subnational government framework by tasking the Independent Directorate of Local Governance (IDLG) with supporting constitutionally mandated representative institutions, rather than parallel projects or bodies.

8. Create a post-election strategy group including all relevant ministries, the National Assembly, civil society and major donors to lead strategic planning for the 2010 election and beyond including agreement on:

(a) the date of the 2010 poll and a sustainable electoral timetable;

(b) the creation of a robust voter registry and population data collection (census and/or civil registry); and

(c) an appropriate legal framework for elections.

To the National Assembly:

9. Help ensure a solid and comprehensive legal framework for future elections, opening the issue to public hearings, including but not limited to:

(a) selecting an appropriate party-based or mixed electoral system to replace SNTV in the Electoral Law;

(b) clarifying Article 6 of the Political Parties Law relating to ethnic, racial and sectarian “bias” and removing unnecessary curbs on party formation and functioning, as well as setting out clear procedures regarding the bar on links to armed groups; and

(c) considering the future shape and scope of the ECC to ensure a credible and sustainable mechanism to impartially enforce electoral standards and arbitrate disputes.

10. Issue clear guidelines to members on use of official resources in their campaigns in 2010, to be monitored by the standing committee for members’ immunities, salaries and privileges.

To the U.S., European Union and its Member States and other Donor Nations:

11. Increase election security by:

(a) ensuring ISAF’s additional troops provided for the election remain in the areas where they are required, if necessary beyond the August polls, and are sufficient for the 2010 polls;

(b) pressing Pakistan to end cross-border movement of insurgents; and

(c) ensuring ongoing training and oversight and sufficient funds to retain the thousands of additional police recruited to help secure the polls.

12. Support robust, ongoing democratisation by:

(a) refraining from any words or actions that might be seen as endorsing individual candidates;

(b) providing firm funding commitments for several more election cycles subject to specific goals for capacity building and sustainability, developed as part of the proposed post-election strategy group; and

(c) in the remaining time before the 2010 polls, contributing information on illegal armed groups to ensure a strengthened vetting process and demanding action on disarmament.

13. Balance support to the branches of state by providing far greater resources and attention to representative bodies by:

(a) meeting regularly with the heads of political parties and parliamentary groupings;

(b) providing technical assistance for the Wolesi Jirga and provincial council commissions;

(c) funding women in local government initiatives; and

(d) information-sharing and feedback sessions on development proposals with the relevant provincial councils and Wolesi Jirga commissions.

To the United Nations:

14. Build confidence in the electoral process by:

(a) the Special Representative of the Secretary General (SRSG) robustly using his good offices to help mediate between parties on contentious issues on the electoral framework;

(b) maintaining pressure on government and electoral institutions to uphold standards and speaking out against violations;

(c) instructing local UN offices on appropriate forms of assistance to the process including monitoring the recruitment of district electoral staff; and

(d) encouraging the international community to help provide information on illegal armed groups to strengthen future vetting processes.

15. Drive forward-planning, as part of the proposed post-election strategy group, for the UN’s role in future elections to retain momentum and ensure a smooth transition – including funding mechanisms – at the end of the current Enhancing Legal and Electoral Capacity for Tomorrow (ELECT) project in 2010.

http://www.crisisgroup.org/home/index.cfm?id=6176&l=1

Pour avoir hébergé un Afghan de 16 ans, elle risque cinq ans de prison

13 juin 2009

Pour avoir hébergé un Afghan de 16 ans, elle risque cinq ans de prison

LEMONDE.FR | 12.06.09 | 18h40  •  Mis à jour le 12.06.09 | 18h52

Pour avoir hébergé un Afghan de 16 ans, elle risque cinq ans de prison dans ARTICLES IMPORTANTS c

laudine Louis a 58 ans et habite Saint-Girons, dans l’Ariège. Elle risque cinq ans d’emprisonnement, assortis de 30 000 euros d’amende, pour un acte de générosité un peu fou. Pendant trois mois, elle a hébergé un jeune Afghan de 16 ans qu’elle avait recueilli au square Villemin, à Paris, le lieu où tous les soirs des migrants en route vers l’Angleterre se retrouvent pour passer la nuit.  

 dans ARTICLES IMPORTANTS

C’est à la mort du commandant Massoud que Claudine Louis est tombée amoureuse de l’Afghanistan. Sans avoir jamais mis les pieds dans ce pays, elle apprend le dari, l’une des deux langues officielles, et décide de parrainer financièrement des enfants afghans. Fin 2008, quand elle apprend que des Afghans en situation irrégulière dorment toutes les nuits dans le square Villemin dans l’espoir de rejoindre Calais, elle décide de leur rendre visite lors d’un séjour parisien chez sa famille. Là, elle rencontre un jeune mineur, Obaïdullah. Elle décide de le ramener chez elle. « Il était malade, je ne pouvais pas le laisser là, c’était de la non-assistance à personne en danger », assure-t-elle.

De retour dans l’Ariège, elle espère pouvoir l’aider à régulariser sa situation et faciliter sa prise en charge par les services sociaux. Mineur, Obaïdullah est en effet inexpulsable. Après l’avoir soigné, elle entame des démarches pour se faire envoyer ses papiers d’Afghanistan, qu’elle fait traduire. Elle frappe à la porte de la sous-préfecture, du commissariat, du tribunal de grande instance, envoie une lettre au procureur. « Sans succès, ils se renvoyaient tous la balle », affirme-t-elle. « Je n’ai jamais reçu cette lettre, mais lorsqu’elle est allée au commissariat je lui ai recommandé de le garder chez elle en attendant ses 18 ans pour demander sa régularisation », assure de son côté Antoine Leroy, procureur de Foix.

Progressivement, Claudine Louis, qui doit soutenir sa mère gravement malade, rencontre des difficultés à s’occuper d’Obaïdullah. Avec son accord, elle décide de le laisser début avril dans les bureaux de la préfecture de Foix, dans l’espoir de forcer sa prise en charge. Immédiatement, il est hébergé dans un foyer de Pamiers, au grand soulagement de Claudine Louis qui pense avoir réussi à le sauver.

« ON NE PEUT PAS ALLER CHERCHER DES MIGRANTS À PARIS ET LES ABANDONNER DANS L’ARIÈGE »

Mais peu après, elle reçoit une convocation au commissariat où on l’informe des poursuites entamées contre elle par le parquet. « Le garçon nous a dit qu’il avait été abandonné » assure Antoine Leroy. « On ne peut pas aller chercher des migrants à Paris et les abandonner dans l’Ariège », continue-t-il. Même son de cloche à la préfecture de l’Ariège, qui assure que Claudine Louis l’a « brutalement abandonné, ce qui a justifié l’engagement de poursuites » dans un communiqué publié dans La Dépêche du Midi. Sans traducteur lors de son audition, « il ne pouvait pas exprimer clairement ce qui s’est passé » s’énerve Claudine Louis. « Je ne l’aurais jamais abandonné, je suis bien trop attachée à lui. »

C’est pourtant pour « aide au séjour irrégulier d’un étranger » que Claudine Louis est convoquée, le mardi 21 juillet, devant le tribunal correctionnel. « C’est que c’est le seul délit que je pouvais lui reprocher », se défend le procureur. Sans lien familial, l’abandon de mineur n’est en effet pas répréhensible. Seul souci, les juristes ne sont pas tous d’accord sur l’existence du délit d’aide au séjour irrégulier d’un étranger pour les mineurs. Eric Besson lui-même expliquait à Amnesty International le 29 mai qu’un mineur ne pouvait jamais être en situation irrégulière.

Antoine Leroy réfute les arguments juridiques du ministre : « Le juge tranchera. […] Et puis, si l’on considère que les mineurs ne peuvent pas être en situation irrégulière, alors rien n’empêche plus personne d’aller chercher des mineurs partout dans le monde et de les ramener en France » lâche-t-il, déterminé à maintenir ses poursuites contre Claudine Louis, « tant que ma hiérarchie ne me demandera pas le contraire ».

Pour le décourager, l’antenne ariégoise de la Ligue des droits de l’homme tente de le noyer sous des courriers préremplis qui demandent l’arrêt des poursuites. De son côté, Claudine Louis continue à appeler « au moins une fois par jour » Obaïdullah et à lui rendre visite tous les vendredis dans son foyer, « sans faire de politique » assure t-elle : « Simplement, je ne comprends pas pourquoi on envoie des soldats français pour combattre les talibans en Afghanistan et qu’on ne fait rien pour accueillir dignement ceux qui les ont fuis. »

Jean-Baptiste Chastand



Un délit très contesté
« L’aide directe ou indirecte au séjour irrégulier d’un étranger en France », définie par 
l’article 622-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers, est depuis plusieurs mois au cœur d’unepolémique entre les associations d’aide aux étrangers, qui parlent d’un « délit de solidarité », et Eric Besson, le ministre de l’immigration, qui assure de son côté que « toutes celles et ceux qui, de bonne foi, aident un étranger en situation irrégulière ne risquent rien ».


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S.O.S femmes afghanes

20 avril 2009

S.O.S femmes afghanes dans Au jour le jour lapressecanadienne_story

Afghanistan: des femmes attaquées à

 coup de pierres lapidées pour avoir

protesté contre la nouvelle loi sur le

 mariage

 

mercredi 15 avr, 09 h 12

The Associated Press

 

KABOUL – Quelque 300 jeunes femmes ont été lapidées mercredi alors qu’elles s’étaient rassemblées pour manifester contre l’imposition d’une loi controversée sur le mariage pour la communauté chiite d’Afghanistan dont les critiques estiment qu’elle légalise le viol entre époux. Les policiers afghans -des femmes-s’affairaient à maintenir les contre-manifestants à distance et se tenaient la main pour tenter de former un cordon autour des manifestantes.

 

La manifestation organisée par les mouvements de défense des droits de la femme a rapidement été débordée par des hommes hurlant pour couvrir la voix des femmes. Certains de ces hommes ont alors commencé à jeter des poignées de gravier et des cailloux sur les manifestantes jeunes pour la plupart. Certains des hommes hurlaient « mort aux esclaves des chrétiens ».

 

La loi, discrètement adoptée la mois dernier, avait tout de même provoqué la colère des organisations internationales de défense des droits de la femme. Cette loi stipule notamment qu’un époux peut avoir des relations sexuelles avec sa femme tous les quatre jours à moins que celle-ci ne soit malade; la loi dresse également la liste stricte des déplacements autorisés pour l’épouse hors du domicile. Cette loi a été votée pour la seule population chiite du pays, soit entre 10 et 20% des 30 millions d’Afghans

enfants afghans âgés de 10 à 15 ans

5 avril 2009

24 enfants afghans sans parents découverts dans les égouts de Rome

AFP 04.04.09 | 18h29

enfants afghans âgés de 10 à 15 ans  dans ARTICLES IMPORTANTS



Vingt-quatre enfants afghans âgés de 10 à 15 ans et vivant sans parents dans les égouts de l’une des grandes gares de Rome ont été découverts par la police, ont rapporté samedi les médias italiens. Les enfants dormaient sur des cartons dans les égouts et les sous-sols non utilisés de la gare d’Ostiense, l’une des deux grandes gares de la capitale italienne, a indiqué la police ferroviaire romaine qui les a trouvés au cours d’une vaste opération de contrôle des sans-abri dans les gares romaines. Les enfants, certains dans un état de santé précaire, ont été confiés aux services sociaux de la municipalité de Rome. Aucun des enfants ne parlant l’italien ou l’anglais, les autorités n’ont pu établir précisément jusqu’à présent ni leur âge exact, ni leur situation familiale, pas plus que leur ville ou région d’origine. L’hypothèse la plus plausible est qu’ils ont traversé l’Iran, la Turquie puis l’Est européen dans des camions avant de traverser clandestinement la mer Adriatique sur des embarcations pneumatiques ou cachés dans des camions sur des ferries, écrit le quotidien La Repubblica. Débarqués sur les côtes des Pouilles (sud-est de l’Italie) ou à Ancône, plus au nord, ils ont réussi à gagner Rome, ville qui semble n’être qu’une étape sur leur route vers l’Angleterre et l’Europe du Nord où ils espèrent retrouver des parents ou des Afghans originaires de leur région. « Nous ne nous attendions pas à trouver autant d’enfants. C’est une situation vraiment choquante et pénible », a déclaré Carlo Casini, le chef de la police ferroviaire de Rome, qui a mené l’opération « Gares propres » destinée à débarrasser les trois principales gares de la capitale de leurs occupants clandestins nocturnes. En plus des 24 enfants afghans, 98 adultes dont de nombreux Afghans ont été découverts vivant dans les mêmes conditions dans la gare d’Ostiense et dirigés vers les services sociaux et les associations caritatives, selon La Repubblica. Selon la branche italienne de l’association caritative Save the Children, le nombre des mineurs afghans échouant dans les rues de la capitale italienne, en constante augmentation, est passé de 32 en 2004 à 264 en 2007. Rome a dû accueillir 1.152 mineurs étrangers sans parents en 2007, a précisé dans un communiqué le directeur de Save the Children en Italie, Valerio Neri. La même année, un total de 7.797 mineurs étrangers non accompagnés sont arrivés dans la péninsule

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